Koweït : M. Baraka met en avant les orientations stratégiques du Royaume pour assurer la durabilité de l’approvisionnement en eau

Koweït : M. Baraka met en avant les orientations stratégiques du Royaume pour assurer la durabilité de l’approvisionnement en eau

Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka a mis en avant, mardi au Koweït, les orientations stratégiques du Royaume pour assurer la durabilité de l’approvisionnement en eau.

S’exprimant lors d’une séance ministérielle sur “la rareté de l’eau : les dynamiques de l’offre et de la demande, et les répercussions du changement climatique”, dans le cadre du Forum de haut niveau sur le financement du développement de l’eau pour la région MENA, M. Baraka a indiqué que la sécurité hydrique se veut une priorité nationale pour le Maroc, rappelant que SM le Roi Mohammed VI avait souligné dans son discours à l’occasion du 25ème anniversaire de l’accession du Souverain au Trône de Ses glorieux Ancêtres, la nécessité d’adopter des mesures urgentes et novatrices pour prévenir la pénurie d’eau.

Dans ce sillage, a-t-il poursuivi, le gouvernement marocain a adopté une politique hydrique anticipative, inclusive et globale visant à garantir l’approvisionnement de l’eau potable à tous les citoyens et à couvrir 80% des besoins d’irrigation sur l’ensemble du territoire national, tout en renforçant la régionalisation avancée, en tant que levier de développement et de justice sociale et territoriale. Il a précisé que cette politique repose sur plusieurs axes, le premier concerne le développement des ressources en eau traditionnelles, à travers l’accélération de la construction de petits, moyens et grands barrages, la collecte des eaux pluviales, la mise en œuvre de projets de transfert d’eau entre les bassins et l’exploitation durable des ressources souterraines, outre le nettoyage des barrages.

Tandis que le deuxième axe porte sur le développement des ressources en eau non traditionnelles, à travers le dessalement de l’eau de mer, a-t-il fait savoir, notant que l’objectif est de mobiliser 1,7 milliard de m3 d’ici 2030 pour répondre aux besoins en eau potable, en irrigation et pour les usages industriels.

Cet axe inclut également l’utilisation des eaux usées pour irriguer les espaces verts et recharger artificiellement les nappes phréatiques, en vue de tripler le volume d’eau réutilisée d’ici 2027, a ajouté M. Baraka.

Pour ce qui est du troisième axe, le ministre a indiqué qu’il s’agit de la gestion de la demande en eau, à travers l’amélioration de l’efficacité des réseaux d’eau potable, des canaux et des conduites des services multiples, et ce à travers un programme visant à améliorer l’efficacité hydraulique pour tous les usages de l’eau, ainsi que la conclusion de contrats de gestion des eaux souterraines pour les protéger.

Quant au quatrième axe, il concerne la sensibilisation des populations à la pénurie d’eau et à l’importance de sa préservation, tout en encourageant l’innovation et les nouvelles technologies en tant qu’élément commun accompagnant les projets structurels, a-t-il précisé.

Dans ce sens, M. Baraka a souligné que ces axes stratégiques, illustrés par des projets et des mesures concrètes, permettront au Royaume de renforcer sa capacité d’adaptation face aux changements climatiques, relevant que la mise en œuvre de ce plan se fait à travers le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et en Eau d’Irrigation pour la période (2020-2027), et à long terme à travers le Plan National de l’Eau.

Par ailleurs, le ministre a expliqué que la mise en œuvre de projets en rapport avec la thématique de l’eau et capables de s’adapter aux changements climatique nécessite l’allocation de fonds importants, notant que ce financement dépend principalement du budget de l’État.

Il a précisé, à cet égard, que le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et en Eau d’Irrigation requiert des investissements de l’ordre de 14 milliards de dollars américains, un budget qui met en évidence l’ampleur du défi financier auquel est confronté le secteur de l’eau.

La contribution déterminée au niveau national telle qu’actualisée en 2021, reflétant les priorités nationales pour faire face aux impacts du changement climatique, a révélé des besoins d’investissement dépassant 40 milliards de dollars américains pour l’adaptation, étant donné que la majorité de ces besoins sont liés à des projets dans le secteur de l’eau, a-t-il fait remarquer.

“Nous œuvrons pour évoluer vers une approche de financement innovante qui s’appuie sur différentes sources et outils de financement”, a assuré le ministre, considérant que le premier levier étant d’inciter le secteur privé et les institutions financières, notamment nationales, à investir dans le secteur de l’eau et à devenir des partenaires incontournables de cette transformation, notamment à travers des partenariats public-privé.

Le secteur privé et les institutions financières sont dotées de ressources et de compétences nécessaires à même d’accélérer la mise en œuvre de projets durables, outre la capacité d’innover et d’améliorer les mécanismes de financement, tels que les obligations vertes et bleues, a-t-il rappelé.

Le deuxième levier vise à adopter une approche de financement mixte, qui combine le budget de l’État et les budgets des régions à travers des conventions collaboratives et financières, a-t-il indiqué, ajoutant que ce modèle permet la mise en œuvre de grands projets à fort impact, difficiles à financer à partir d’une seule source, tandis que le troisième levier concerne la recherche d’accès au financement climatique.

Initié par le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES), en partenariat avec la Banque mondiale, ce Forum de deux jours se penche sur l’amélioration de la gestion hydrique, la promotion de technologies d’économie de l’eau, le déblocage du financement pour les projets essentiels, ainsi que sur l’examen des politiques et règlements connexes.

Conduite par M. Baraka, la délégation marocaine prenant part à cet évènement comprend notamment le Directeur général de l’ingénierie hydraulique au ministère, Abdelaziz Zerouali, et l’Ambassadeur du Maroc au Koweït, Ali Benaissa.

MAP


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